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Etoile Divine de la Faydha: Tariq sur Cheikh Ibrahima FALL, un serviteur infatigable (1ère partie)

Présenté par Mamadou Aliou BA actuel vice président et un des Oustaz du DETBN UGB

Prénoms : Ibrahima
Nom : FALL
Date de naissance : vers 1900
Lieu de naissance : Sabakh-Sandial (Gambie)
Nom du père : Babacar
Nom de la mère : Rokhy SALL
Date du décès : 09 Septembre 1994
Lieu de décès : Médina Baye
Lieu d’enterrement : Cimetière de Médina Baye

Son Père

Son père Babacar Fall est originaire mauresque, il habita, d’abord au village de Palène Sandial au Nord-Est de la ville de Farafégné, avant de s’installer au village de Sabakh Socé à 7 miles (1mile=1609m) à l’ouest de cette même ville. C’est là qu’il s’éteignit vers 1902. Le livre du Saint Coran qu’il légua à son fils Ibrahima Fall, illustre son attachement à l’éducation de son fils à l’aune des valeurs islamiques.

Sa Mère

Sokhna Rokhyatou SALL, est de la grande famille THIALLENE du village de Guede ; elle est originaire de la région du Fouta. Dans sa région natale, berceau de l’islam au Sénégal, creuset de plusieurs érudits, elle reçut de ses parents, une excellente éducation islamique.

Son Education

Orphelin de père à très bas âge, Serigne Ibra FALL fut placé sous l’aile protectrice de son oncle paternel Serigne Malick Fall qui résidait à KEBE MBOUDAYE. Ce dernier lui donna une solide éducation.
Ainsi, le jeune Ibra Fall dont le dynamisme, la volonté et l’intelligence furent appréciés par tous, maitrisa très tôt, le coran. Dans l’école coranique, il assistait les plus jeune talibés dans l’apprentissage du livre saint et faisait office de répétiteur pour les apprenants moins âgés que lui.
Après avoir mémorisé le coran, Serigne Ibra Fall débuta l’étude des sciences islamiques, par « laxdari »sous la férule de son oncle paternel. Par la suite, il se rendit au village de Djamal, chez le marabout Tafsir Aliou CISSE. Son séjour de deux ans dans cette célèbre école, lui permit de maitriser certaines sciences islamiques, à travers les livres comme « Rissala » et le « Makhaama ». Mais sur demande de ses parents, demande motivée par une affection sans faille et une volonté de l’initier à la vie familiale, il retourna au village de KEBE MBOUDAYE.

Ses Premières Rencontres Avec Cheikh Ibrahima Niass

La première fois date vers 1919, quand El hadji Abdoulaye Niass, en compagnie de son fils Ibrahima Niass, rendait une visite de courtoisie à son amie et muqadam Serigne Ousmane KEBE qui résidait au village de KEBE MBOUDAYE. Les talibés lui réservèrent un accueil chaleureux, il y présida la prière de Timis, la science de Wazifa et la prière de Guéwé.
Après le diner, Serigne Ousmane KEBE sollicita et obtint de Serigne Malick Fall (marabout et tuteur de Serigne Ibra Fall), l’accueil dans sa maison du jeune Ibrahima Niass. Alors, il ordonna à Ibra Fall de préparer sa chambre afin d’y passer la nuit avec ce fils de El Hadji Abdoulaye Niass.
Lorsqu’arriva le moment d’aller au lit, Serigne Ibra Fall très attaché au sens de l’hospitalité, aménagea une natte à même le sol pour y dormir et se proposa de laisser le lit à Ibrahim Niass. Ce dernier déclina l’offre.
Finalement, après moult conciliation, les deux consentirent à dormir dans le même lit, un lit en tiges de sorgho avec un matelas en paille. Alors s’engagea une causerie qui ne se termina à l’aube. Le grain fut semé ; une amitié naquit.
La deuxième rencontre intervint quelque temps après. Ibra Niass fut envoyé par son père dans le ravin du village de KEBE MBOUDAYE, pour chercher des tiges d’un roseau. Ces tiges bien ouvragées donnent des plumes à écrire sur les tablettes de bois mais aussi sur le papier.
Ibrahima Fall, l’assista à cueillir un impressionnant fagot de roseaux et le raccompagna, en portant le fagot, jusqu’au village de Keur Serigne DAR (3/4 du trajet). Ibrahima Niass le Remercia et formula des prières avant qu’ils ne se séparent. Quelques années après, Ibrahima Fall confia à un de ses proches que son seul regret fut de n’avoir pas porté le fagot jusqu’au village de Kossi où résidait son ami.
Toujours dans son ardent désir de quête du savoir, Ibrahim Fall faisait, régulièrement la navette, entre les villages de KEBE MBOUDAYE et le KOSSI. Il ne cessait de solliciter l’autorisation parentale afin de se fixer définitivement à Kossi jusqu’à l’obtenir après d’importants sacrifices.
Ainsi, dès son installation, Ibrahima Niass lui demanda quelle était son ambition en décidant de venir à ses côtés à Kossi. C’est ainsi, qu’il confia à Cheikh Ibrahim Niass : « je suis venu faire acte d’allégeance car je suis ignorant qui veut savoir, un homme égaré qui cherche sa voie. Et sur terre, vous êtes le seul homme à qui j’ai confiance pour atteindre mes objectifs.
A ces propos Cheikh Ibrahima Niass répondit : « je dispose assez de pouvoirs et de capacités afin d’aider n’importe quelle personne à réaliser son ambition. Le seul qui échappe à mes possibilités, c’est l’homme indécis et sans conviction ». Alors Ibrahima Fall répondit « je vous donne l’assurance que, jusqu’à ma mort, vous ne me direz jamais pourquoi tu as fait ceci, pourquoi tu n’as pas fait cela ».
Dans l’enseignement comme dans les travaux, il fut un modèle. Il obtint très vite la confiance du Marabout qui ne cessait de lui confier certaines missions : intendant, chargé de mission, chef d’équipe dans les travaux champêtres ou domestiques…
Pour rappel, en venant à Kossi, Serigne Ibra Fall avait trouvé autour de Cheikh Ibrahim Niass, son demi-frère Serigne Mbaye Niass, son neveu Moussa Diop et son disciple Baba Yacine. Le marabout l’installa dans la même chambre que Serigne Mbaye Niass.

La Naissance De La Faydah

Après Serigne Mbaye Niass et Serigne Ousmane Ndiaye, Serigne Ibra Fall devient la troisième personne à comprendre le soufisme tracé par Cheikh Ibrahim Niass, cette voie qui conduit à « la connaissance d’Allah ». Serigne Ibrahim Fall, par la suite, obtint l’autorisation d’aller à KEBE MBOUDAYE pour initier sa propre mère : la vertueuse Sokhna Rokhy Sall qui, devint la première femme à « connaitre Allah ». De fait le premier « Idjaza oral » fut délivré à Serigne Ibrahima Fall qui devint la colonne vertébrale de la faydah.
Revenu de KEBE MBOUDAYE, Cheikh Ibrahim Niass l’autorisa à initier sa mère, la sainte Mame Astou DIANKHA et ses vertueuses épouses Sokhna Aïssatou Daoud Niass, Sokhna Fatou Diagne et Sokhna Aïssatou Sarr. Cette audience eut pour cadre la chambre de Cheikh Ibrahim et en sa présence. Le nombre d’initiées passe rapidement de 1 à 5 puis à 9. Alors Serigne Ibra Fall marqua une pause dans l’éducation spirituelle car l’engagement sans faille des femmes à la « tarbiya » allait le porter au-devant de la scène alors que son guide spirituel s’y prenait doucement.
Cependant, le début de son éducation spirituelle remonte de loin avant la naissance de la faydah. En effet, ayant très tôt remarqué que Serigne Ousmane Ndiaye et Serigne Ibrahima Fall constituaient des exceptions de par leur ardent désir de « connaitre Allah », un jour, Cheikh Ibrahim les convoqua pour leur tenir ces propos : « je comprends votre ardent désir de « connaitre Allah ». Je vais vous donner les moyens et vous envoyer vers l’orient (YEMEN) pour y trouver un marabout qui vous aidera dans ce domaine ésotérique ».
Après un lourd silence, Serigne Ibrahima Fall prit la parole et rejeta la proposition. Cheikh Ibrahima rétorqua : « j’ai le sentiment que Ibrahima Fall est devenu fou. Alors Ousmane, quelle est ta réponse ? » Celle-ci fut sans ambages : « je suis du même avis que mon ainé Ibrahima Fall ».
Alors, après un échange, Cheikh Ibrahim ayant mesuré le degré de leur détermination, leur remit une leçon qui comprend trois qasidas : ce fut le début de leur éducation spirituel.
Selon des sources concordantes, cette rencontre eut lieu après le Maouloud du 06 Octobre 1925, soit 4 ans avant la naissance de la faydah.

Fondation De Médina Baye

Dans l’après-midi du lundi 10 mars 1930, Cheikh Ibrahima Niass effectua sa première sortie sur le site de la futur Médina. Il était accompagné d’un des propriétaires terriens Ndiawar Diaw, neveu de Tafsir Mignane Sarr, Chérif, père de Chérif Abdallah Aidara, de Serigne Ibrahima Fall et d’Amadou Thiam Soulèye.
Quelques jours après, Serigne Ibra Fall conduisit sur ce même site Mame Astou Diankha et Baye Mahmoud Niass, respectivement, mère et frère de Cheikh Ibrahim Niass.

Serigne Ibrahima Fall Et Ses Déplacements

A Niassène Malick Absa :
Sur sollicitation du chef de canton de Mbirkilane, Thiéndella Fall, au cours d’une visite à Médina Baye, Cheikh Ibrahima Niass décida d’envoyer dans ce village, son parent Ibra Fall pour y enseigner le coran et la sunna du prophète, diriger les prières et s’occuper des rituels pendant les cérémonies religieuses. Alors Serigne Ibra Fall, toujours au service de son marabout, s’exécuta sans hésitation. Il s’installa dans ce village pendant près de 3 ans en s’acquittant à merveille de son mission de Guide religieux.
A Thiamène Diogo :
Sur sollicitation des habitants de ce village, qui constate le vide créé par le départ du marabout de Kossi pour s’installer définitivement à Médina, Serigne Ibra Fall, sur ordre de son guide religieux retourna s’installer dans le village Thiamène Diogo. Après un séjour de deux ans, il quitta ce village pour fonder le village de d’Aynou Mahdi.
Fondation du Village d’Aynou Mahdi (Keur Cheikh Ibra près de Kebe Mboudaye) :
Dans ce village, il se consacra aux enseignements, à l’éducation spirituelle des talibés et aux activités agricoles. Mais il est utile de rappeler que, depuis cette période, il se fit un devoir de s’investir dans le ravitaillement en poulet, en ovins et en caprins à son marabout Cheikh Ibrahima Niass.
Retour à Kossi :
Une nuit, cheikh Ibrahim Niass se vit dans un rêve, en promenade au village de Kossi, en compagnie de Cheikh Ahmed Tidiane (RTA). Alors pour lui, la rénovation de Kossi devenait une astreinte. Pour faire de ce rêve une réalité, 1969, sur ordre de Cheikh Ibrahima, Serigne Ibra Fall retourna à Kossi, avec en bandoulière le projet de rénovation du village de Kossi, berceau de la faydah.

Ses Relations Avec Les Mouqadams Du Cheikh

Il faisait partie des cinq branches de l’étoile de la faydah qui brille comme un soleil après une longue nuit, des cinq doigts experts de la main du Cheikh, des cinq compétences qui se complètent que sont Serigne Aliou Cissé, Serigne Ibrahima Fall, Serigne Ousmane Ndiaye, Serigne Mbaye Niass et Cheikh Oumar Touré.
Un jour, Cheikh Ibrahim réunit ces cinq grands Mouqadams dans une audience solennelle pour leur tenir ces propos : « Si je dois entrer dans le paradis promis aux croyants qui respectent les prescriptions divines et la sunna du Prophète Mohammed (psl), en laissant l’un de vous en rade, j’y renoncerai. Je veux et j’insiste à ce que chacun de vous prenne le même engagement. De plus, je vous enjoins une mutualisation de vos connaissances ésotériques ». Cela suffit largement pour comprendre la relation de Serigne Ibrahima Fall avec ses contemporains.
Egalement, il entretenait de solides relations avec Serigne Omar Faty Diallo qui lui rendait visite à chaque lendemain du Ziara annuelle à Médina Baye.

Ses Voyages A l’Extérieur

- Pèlerinage aux lieux saints de l’islam (1951/52) : en compagnie de Cheikh Ibrahima Niass.
- En Mauritanie : une première fois en compagnie de Cheikh Ibrahima Niass et une seconde fois après la disparition du marabout.
- Au Cameroun
- Cote d’Ivoire
- Mali
- Niger
- Nigéria
- Tchad

Serigne Ibra Fall Un Homme Aux Qualités Exceptionnelles

Serigne Ibrahima Fall fut un homme extraordinaire. Personne ne réussit à percer le mystère qui entourait sa personnalité. Tout acte posé ou tout propos avancé était sous-tendu par un levier purement religieux : la charia guidait sa démarche quotidienne

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